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Pendant longtemps – pour être honnête toute ma vie jusqu’à il y a quelques mois – j’avais une vision des relations romantiques/amoureuses (1) qui incluait l’objectif d’être une « bonne petite amie ». Cet objectif me paraissait inévitable parce que comme l’illustraient parfaitement tous les films et les séries avec lesquelles j’ai grandi : on est soit une bonne petite amie, soit une mauvaise petite amie, alors c’était évident pour moi de choisir d’en être une bonne!

J’ai poussé l’atteinte de cet objectif très loin puisque j’ai longtemps reculé le moment de me mettre en couple en grande partie parce que je pensais que j’avais trop de choses à régler chez moi avant de pouvoir prendre part correctement à une relation de couple. Je pensais en effet que je ne pouvais pas être une « bonne petite amie » avec toutes mes névroses et mes failles.

Ça m’est même arrivé de voir des couples hétérosexuels et de me dire « je ferais une bien meilleure petite amie qu’elle! » (ah le bon vieux message misogyne internalisé : soyons en compétition entre femmes, en compétition pour les hommes et leur validation bien sûr! -_- ). Et comme je suis quelqu’une qui analyse et théorise beaucoup, je réfléchissais à ce qu’était une « bonne petite amie » bien sûr, pour me préparer pour ce rôle, et je peux vous dire que – étonnamment (not) – ça ressemblait pas mal à la « Manic Pixie Dream girl » (2) qu’on trouve dans de nombreuses comédies romantiques, vous voyez le genre? La « bonne petite amie » est en effet quelqu’une qui aide l’homme à s’épanouir, à exploiter son plein potentiel, à reprendre confiance en lui, etc, etc. Ça peut paraître super positif comme ça : ben oui, c’est beau et généreux de vouloir le bien des autres et surtout des personnes qu’on aime SAUF QUE NON. Là, c’est un piège.

i(Gif issu de la super série Parks and Recreation)

Je m’en suis rendue compte lorsque j’ai réfléchi à ce concept de « bonne petite amie » récemment, et à la vision que j’avais du couple hétérosexuel telle que construite par mon éducation, ma famille, la société et j’ai vraiment ressenti l’importance de déconstruire tout ça! Et pour cause, ce concept de « bonne petite amie » c’est de la BULLSHIT! Ça n’existe tout simplement pas une « bonne petite amie » ni une mauvaise d’ailleurs!

Développons un peu sur cette chose qui n’existe pas mais qui fait beaucoup de mal dans les chaumières…  Commençons par cette réflexion : est-ce que je peux être une bonne vendeuse? (il va y avoir un lien je vous promets) Oui je peux. Mais pas en me présentant à la job selon mon humeur du moment : si je veux vendre efficacement je vais mettre en sourdine une partie de ma personnalité, choisir mes actes et mes paroles, filtrer mes émotions selon le client que j’ai en face et la situation. J’arrive à le faire parce que c’est une job, une des multiples activités dans ma vie. (3)

PAR CONTRE moi avec mon chum/petit ami c’est supposé être moi, entière. Et de la même manière que pour être une bonne vendeuse, si je veux être une « bonne petite amie » je vais forcément devoir mettre en sourdine une partie de ma personnalité, choisir mes actes et mes paroles, filtrer mes émotions selon la situation et l’état de l’homme en face de moi, et donc ne pas être totalement moi-même. Qui peut être heureuse dans sa vie à long terme en n’étant pas elle-même dans une des relations les plus intimes qu’elle connait? Alors oui, il y aura une satisfaction momentanée: satisfaction du devoir accompli vu qu’on a été éduqué pour ça (ARK), satisfaction de se sentir utile, d’aider, de sauver et d’avoir réussi à être La Bonne Petite Amie TM. Mais tout ça c’est du travail affectif (ou « emotional labour » (3) ), c’est épuisant, c’est basé sur des mensonges  et ça ne peut pas amener un vrai bonheur dans la vie. Et bien sûr pour compliquer les choses, vous l’aurez compris, tout ça est rarement fait consciemment et même quand c’est conscient c’est très difficile de s’en sortir puisque hommes et femmes dans les relations hétéronormées sont socialisés pour agir selon ce schéma, on n’a pas vraiment d’autre modèle sous la main…

Et puis, c’est un peu différent mais je crois que le raisonnement marche aussi pour la « mauvaise petite amie » aka La ChieuseTM (que la bonne petite amie peut tout à fait devenir du jour au lendemain si elle décide de ne plus se censurer d’ailleurs) parce que là aussi elle joue un rôle, elle choisit ses actes et se censure selon le résultat/les réactions qu’elle recherche chez le partenaire mâle.

Je pense sincèrement qu’on est nombreuses à avoir été éduquées/socialisées pour devenir bonne dans notre job de petite amie (*dents qui grinces*). Une job consistant à nous mettre au second plan par rapport à l’objectif prioritaire à atteindre : l’épanouissement de notre chum/petit ami.

Batman slaping robin

MAIS L’ESPOIR DEMEURE! Une fois qu’on a conscience de tout ça c’est INCROYABLEMENT libérateur! Le revers de la médaille c’est à quel point c’est triste de voir nos amies dans des relations de couple qui correspondent à ce schéma ou en recherche d’une situation de couple de ce genre… Ce serait tellement plus épanouissant pour tout le monde si on apprenait tout simplement à nos filles à être elles-mêmes, d’être entières dans les relations avec les autres humains sans recherche de validation.

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En ce qui me concerne après avoir réalisé tout ça j’ai choisi d’être moi-même, d’accepter mes émotions, mes failles, mes désirs, mes dégoûts, mes passions, etc sans plus attendre la validation des hommes ou de quiconque – c’est un travail constant bien sûr – et je le conseille à toutes les femmes, ça fait tellement de bien! 😀

tumblr_n2d5wa4zhi1ri46xbo1_250(Gif issu de la série géniale Broad City)

 

Notes et références :

(1) Étant attirée par les hommes et ayant été éduquée dans une société hétéronormative j’ai toujours visé des relations hétérosexuelles c’est donc de ce type de relations romantico-sexuelles que je parlerai dans cet article.

(2) La Manic Pixie Dream Girl :

Article en français : http://www.madmoizelle.com/manic-pixie-dream-girl-vie-epuisante-289291

Article en anglais : http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/ManicPixieDreamGirl

Vidéo en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=uqJUxqkcnKA

(3) Dans le contexte professionnel ça n’est pas idéal non plus mais je trouvais que ça illustrait bien cette capacité qu’ont beaucoup de femmes à se mettre en arrière-plan pour prioriser la satisfaction des autres. C’est vrai dans le milieu professionnel comme en privé et, selon les femmes ça peut être plus développé dans un domaine de la vie que dans l’autre. Pour illustrer, un très bon article en anglais https://www.theguardian.com/world/2015/nov/08/women-gender-roles-sexism-emotional-labor-feminism

Série de Twitt sur l’ « emotional labour », en Anglais https://storify.com/anne_theriault/emotional-labour-in-relationships

Minimushi…

Publié: 09/01/2012 dans Questions existentielles

A quelques jours du grand départ vers le Québec, un peu de mélancolie et d’angoisse m’envahissent : encore un changement de vie, encore des au revoir – auxquels on ne s’habitue jamais (moi pas en tout cas). Et puis ça fait environ 1 an que mon chat Minimushi est mort – brutalement – à seulement 4 an et demi… Et il me manque toujours. [Soyons clairs : si vous n’aimez pas les chats ou si vous n’admettez l’idée qu’on puisse éprouver une forte affection pour un animal, il vaut mieux passer votre chemin sans lire cet article] En plus, quand j’avais commencé à envisager sérieusement cette installation au Québec il y a 1-2 ans je l’avais fait en le prenant en considération : là j’aurais dû partir avec Air Canada, avec Minimushi avec moi en cabine, mais non, il ne sera pas là. Je ne vais pas m’épancher plus, je voulais juste profiter de ce blog pour disperser quelques poussières de Mushi dans le monde virtuel. Alors voilà : quelques images de Minimushi que je partage avec vous…

 

 

Malgré ce que le titre pourrait inspirer à certain-e-s, cet article n’a rien à voir avec Noël. En fait, si j’associais Noël a la magie ce serait du domaine de la malédiction. L’humanité serait condamnée année après année, à pousser ses vices et aberrations à l’extrême : ceux qui achètent des choses dont ils n’ont pas besoin en achètent encore plus à cette période, ceux qui sont seuls sont encore plus seuls, ceux qui gaspillent de l’énergie (électrique notamment) en gaspillent encore plus, ceux qui mangent des animaux en mangent encore plus, ceux qui mangent trop mangent encore « plus trop », ceux qui n’ont rien à manger ont l’air d’en avoir encore moins, etc, etc. Jusque là je m’étais retenue de faire ma briseuse de Noël, mais à écrire un article après 2h du matin j’ai pas pu résister (non je ne citerai pas ce que disait la grand mère de Ted à propos des décisions d’après 2h du matin)…

Bien sûr ça n’est pas du tout de ça dont je voulais parler. Je voulais parler de certaines choses qui font que l’on se dit « la vie est pas si mal finalement » ou ces moments où on se dit juste rien, tellement on est en accord avec le moment présent. Les couchers de soleil sur les Pyrénées sont de ce genre de moments, je vous laisse vous en faire une idée partielle à travers quelques images :

En plus de ça je peux profiter d’un magnifique ciel étoilé, c’est grandiose ! Même si les élevages de vaches empestent l’air ambiant, habiter à la campagne présente quand même quelques aspects positifs…

Et après le réconfort : le réconfort, avec quelques cookies maison…

Hey! Déjà mercredi! Faut que je trouve une idée inutile pour un article (ça va, c’est dans mes cordes)…

Je vais donc en profiter pour tenir une promesse d’article faite il y a très longtemps, le 15 juillet 2011 à 12h12, pour être précise (clique ici si tu veux te rafraîchir la mémoire) sur un sujet de la plus haute importance pour l’humanité : « Doit-on forcément adopter un look de « salope » lorsque l’on est une rockeuse?« 

Tout d’abord, précisons les termes de la problématique :

Par rockeuse j’entends la fille qui chante/joue dans un groupe qui fait de la musique classée dans le vaste style musical appelé « rock » (c’est-à-dire avec au moins batterie/basse/guitare électrique, un son sur lequel on peut danser en secouant sa tête et ses cheveux et des membres dont on s’attend à ce qu’ils détruisent les chambres d’hôtel dans lesquelles ils passent).

Pourquoi je pars de l’idée que les rockeuses ont un look de « salope » ? Parce que j’ai pas mal d’exemples dans la tête qui vont dans ce sens (attention dans cet article je vais allègrement me servir dans google image si des propriétaires d’images ne sont pas très, très contents qu’ils me contactent on s’arrangera…  Peace bro). Ducoup ça concerne quand même essentiellement les groupes qui ont du succès et ont marqué nos esprits.

La chanteuse de The Pretty Reckless (spéciale cace-dédi, c’est elle qui m’a inspiré ce thème) :

La chanteuse de The Runaways :

La chanteuse de The Sounds :

Sans surprise, Hole :

(Je m’arrête là mais c’est surtout parce que c’est pas si évident de trouver des groupes rock avec des leaders féminins.)

Et peu de contre-exemples :

Patti Smith :

(C’est loin d’être exhaustif bien sûr, j’exprime juste l’image de la situation que j’ai dans la tête).

En gros par look de « salope » j’entends une tenue sexy, qui découvre une grande partie du corps et qui utilise des codes appartenant au registre sexuel (décolleté plongeant, attitude « jambes écartées », porte-jarretelles, etc) et qui comportent souvent des éléments associés aux fantasmes masculins. (Je précise que je ne juge pas ce type de tenue et les filles qui les portent.)

Voilà, voilà je crois que les termes de la problématique sont suffisamment clairs entrons dans le vif du sujet! (Vous en avez déjà marre?? Ne vous inquiétez pas c’est bientôt fini, je vais pas aller loin dans l’analyse, c’est seulement l’article du mercredi après tout).

Mon raisonnement m’amène à me dire que choisir le rock, surtout pour une fille c’est un choix « rebelle », anti-conformiste, à contre-courant. Or de nombreux messages communiqués aux femelles humaines tout au long de leur vie sont du genre « soit sage/gentille/douce », « serre les jambes quand tu t’assois (que tu sois en jupe ou pas) », « ne soit pas une allumeuse », (sur le fait que nous sommes bombardés par des messages contradictoires à ce sujet je vous renvoie aux articles de la talentueuse Maïa Mazaurette par exemple ici)… Ceci, j’imagine, étant amplifié dans les milieux puritains.

Donc la fille qui veut se rebeller après ça, qui veut « sortir du moule » elle commence par ne plus être sage, par chercher à provoquer le désir sexuel, etc. Souvenons-nous que nous vivons dans des sociétés où globalement ce sont des mâles qui ont le pouvoir (sans entrer dans les détails) donc par ces moyens là, les filles exercent une sorte de pouvoir sur les hommes. Elles disent aussi : « T’as vu comment je suis bonasse? Et ben je suis pas que ça, je te le prouve en faisant du rock! ».

C’est un peu l’impression qu’on a quand on voit l’évolution de Cherry dans The Runaways (ils en ont fait un film, bande annonce).

Mais ce qu’on voit aussi dans ce film, et c’est là que je me pose des questions sur ces choix de tenue/comportement c’est que les mâles restent ceux qui gèrent le groupe, ses tournées, sa médiatisation, etc et ils utilisent ça. Parce que justement dans notre société où les filles doivent être sexy sans être des allumeuses, le sexe et le corps de la femme font vendre. La fille en porte-jarretelle sur scène, elle a beau être habillé comme ça par provocation, n’empêche que si elle a du succès sa plastique y est peut-être pour beaucoup, peut-être plus que la musique même pour ce qui est des auditeurs hommes. Et puis, si on regarde elles s’habillent comment les filles qui chantent des chansons sans paroles intéressantes et avec une musique nase dans la pop? Et les filles qui entourent les rapeurs ou qui font du R’nB, elles sont habillées (ou plutôt « pas habillées ») comment?

N’oublions pas aussi que comme je l’ai vaguement dit plus haut, le rock lui même est historiquement, fondamentalement associé au « Mal » : la drogue, l’alcool, le sexe, le diable…

Bref plus de questions que de réponses finalement…

Malgré tout, pour répondre moi-même à ma question, je me dirais « on n’a pas forcément à adopter le look « salope » lorsque l’on est une rockeuse ». Par contre, si y a bien un moment idéal pour le faire c’est celui là (avec Halloween)! Je dirais que si par exemple je devenais rockeuse, ouais, j’adopterais un look « salope » avec quelques codes classiques dans le rock comme le cuir (mais du faux parce que ça me paraîtrait injuste de buter un animal juste pour le délire stylistique) mais sans tomber dans les classiques de ce qui est censé faire partie des fantasmes masculins et qui sont souvent très inconfortables (porte-jarretelles, talons de 10 cm).  En fait, j’aimerais un truc dans ce style là :

    Sans le côté succube mais avec les épées et les couteaux (et le loup garou – mais là je m’écarte du sujet). (Bah quoi? de toute façon d’ici que je sois rockeuse…) (au fait pour ceux qui ne suivent pas l’actu « Séries », c’est le personnage principal de la série canadienne intitulée « Lost Girl » (détails ici)). (J’aime ces imbrications de parenthèses qui n’en finissent plus, ça donne un côté surréaliste au texte…).

(Avec toutes les meufs sexy qu’il y a dans cet article je vais faire exploser mes statistiques)

Voilà, rien de très recherché, ni de très approfondi comme réflexion, mais ça pourrait être sympa que ça amène un débat dans les commentaires non? NON? Mais si!!! Allez mets du comm lecteur-trice!!!

ROCK’N ROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOLLLLLLLLLL!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

     

Encore plus chiant que faire des cartons avant un déménagement : trier ses papiers. Trier ses affaires en général d’ailleurs. Parce que faire du tri et se débarrasser de l’inutile qu’on accumule je suis convaincue que c’est une bonne chose. Mais quand tu te retrouves à faire du gros tri à chaque déménagement, c’est-à-dire environ tous les 6 mois depuis  3-4 ans, parce que tu manques de place pour stocker ou pour transporter ben ça devient difficile… Vive le détachement envers les possessions matérielles ok, mais je préfèrerais en être détachée psychologiquement avant de m’en détacher physiquement ça serait moins difficile!

Sinon on fait quand même des belles découvertes quand on ressort des affaires qu’on a pas touché depuis des mois voire des années! [désolée pour les private jokes]

– Retomber sur le carnet de bord de la semaine qu’on avait passé dans le PNR du Morvan avec le DESS Reneuneu, à couper des arbres dans et sous la neige, à faire de la crazy carpet et à jouer à l’enculette ! C’était une belle semaine et une belle année d’ailleurs… « Des pompiiiiiiiiiiiiiiiiiiiers !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » « Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii aaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »

– Retomber sur les papiers du prêt bancaire que j’avais dû faire  en 2006 pour payer ma voiture (vu la situation dans laquelle je me trouvais c’était la solution la moins pire) et me souvenir qu’après la signature le directeur de l’agence m’avait serré la main en me disant, tout sourire, « bienvenue au club ! ». J’avais failli lui vomir dessus à ce moment là. Pendant ce temps, mon charmantissime conseiller bancaire planté à côté matait mes seins.

– Retrouver les résultats des tests d’aptitude réalisés au CIO (centre d’information et d’orientation, vous vous rappelez?! Le bonheur d’entendre les messages de sagesse des conseillers d’orientation ! Ah ah ah) à la grande époque du lycée et en apprécier a posteriori la pertinence : « stabilité : moyen -« , « conformisme : moyen -« , « autorité : minimum ». Les catégories dominantes de ma « personnalité professionnelle » : « intellectuel sciences », « social aide contact », « intellectuel lettres », les deux catégories les moins dominantes sont « bureau gestion » et « bureau administratif ». Encore mieux ! Les trois valeurs personnelles les + importantes pour moi : indépendance, altruisme et création, les 3 valeurs personnelles les + importantes pour 1795 filles du second cycle : sécurité, satisfaction intellectuelle et argent !

– Et des tas de début d’histoires, nouvelles, poésies, contes, etc, que j’avais couché sur papier. J’ai toujours voulu écrire, mais je ne suis jamais allée au bout d’une idée de roman et n’ai jamais terminé une nouvelle commencée… Des exemples de mes pensées philosophiques de la grande époque de l’adolescence (et juste après) :

          « L’adolescence s’arrête t’elle quand on trouve des réponses à nos questions existentielles ou bien lorsque l’on fait semblant de ne plus se les poser ? […] Où aller? Vers un lieu ou vers un état? Les voyages nous éloignent-ils ou nous rapprochent il? Si oui, où ça? » (je venais de lire « Le livre des questions » de Pablo Neruda??)

          « Le capitalisme a gagné – Le capitalisme nous a tous baisé – Loin du soleil qu’il promettait – Te voilà enchaîné à sa volonté » (ça aurait fait une bonne chanson si j’avais fait parti d’un groupe punk à l’époque)

Globalement ça fait chaud n’au coeur tout ça : du bulletin de notes du CM1 jusqu’aux textes des pièces de théâtre de l’école primaire au lycée en passant par la pétition qu’on avait rédigé avec une copine pour protester contre la présence d’un élu du FHaine (parti d’extrême droite français) dans je ne sais quelle instance décisionnelle du lycée… 🙂

P.S. En passant un lien utile quand on fait du tri : Service public, ça permet de savoir combien de temps on doit garder les documents « officiels » français (du relevé bancaire à la taxe d’habitation en passant par les factures d’électricité).

A toi lecteur/lectrice qui s’inquièterait que je ne puisse pas partir à cause du fucking fric, à toi Big Brother canadien qui envisagerait de me refuser le permis d’étude : sachez que mon problème d’argent est résolu !

Mais comment cela se peut-il ?! Plusieurs possibilités :

1/ J’ai braqué une banque, après tout ça change pas grand chose vu que les Anonymous vont tout faire péter informatiquement

2/ J’ai trouvé un travail de danseuse bien payé dans un bar de Haute-Mauricie

3/ Après étalage de mon désespoir sur facebook et la blogosphère celui-ci est revenu dans mon salon, entrainant discussion avec Mother qui en fait pourra être mon soutien financier dans ce projet

4/ D la réponse D

Je vous laisse faire votre choix.

 

Et sinon bientôt je vais organiser un peu mieux les infos pour ce qui concerne ce processus d’immigration parce que la façon dont j’ai présenté ça pour les billets d’avion c’est pas terrible, terrible et ça va être le bordel au final. Soon.

Et sinon y a des gentilles filles qui sont expatrimmigrées* au Québec et qui expliquent tout ça (et d’autres choses) très bien sur leur jouli blog : Un jour. Une photo. Montréal. et Une frenchie en Québéquie

 

*P. je te pique ton concept d’expatrimmigration qui clos mon débat sur « s’expatrier ou immigrer ? » parce qu’il est top et que tu l’as pas encore fait breveté. (T’as vu comment il est super bien anonymisé mon blog?)

Live long and prosper.

Depuis que je prépare ce départ longue durée pour le Québec (oui pour moi qui ai tendance à rester maximum 6 mois quelque part, 3 à 5 ans c’est une longue (très longue) durée) je me pose la question : est-ce une expatriation ou une immigration ?

Voyons les définitions du TLFi (Ici) :

EXPATRIATION, subst. fém.
Action d’expatrier ou de s’expatrier. [merci dictionnaire, tu t’es pas foulé sur ce coup là]

EXPATRIER, verbe trans.
B. Emploi pronom. Quitter son pays pour vivre à l’étranger.

IMMIGRER, verbe intrans.
Venir dans un pays étranger pour s’y établir, souvent définitivement.

Y a pas une grosse différence si ce n’est peut-être la notion de durée : elle n’est pas précisée dans l’expatriation alors que dans l’immigration si. Ducoup je pense que la différence entre les termes vient surtout de ce qu’on y met derrière culturellement. Dans mon esprit, l’expatriation c’est plutôt dans le sens d’un habitant de pays « riche » qui irait s’installer dans un autre pays, « riche » ou pas ; alors que l’immigration représente plutôt le cas d’un habitant de pays « pauvre » qui irait s’installer dans un pays plus « riche » (je mets riche entre guillemets parce que c’est une notion un peu pourri, très connotée aussi, mais vous comprenez ce que je veux dire par là non?). Dans les deux cas, il y a une recherche de vie meilleure et éventuellement un séjour longue durée (le définitif existe t-il vraiment?) il me semble. Ducoup étant habitante d’un pays « riche » je serais plutôt dans un processus d’expatriation sauf que….

Je viens de faire quelques calculs quand même (il était temps. En fait mais j’avais choisi le déni de réalité jusqu’à maintenant) et il se trouve que finalement je vais donné tout l’argent durement acquis et mis de côté sous mon matelas [à la banque] au fil du temps, à des passeurs [services de l’immigration, compagnie aérienne] et ainsi après des mois d’attente et d’incertitude je vais débarquer dans mon pays d’accueil sans un sous en poche [avec un compte en banque quasiment vide].

Tout d’un coup ça ressemble à ce que je peux imaginer d’une immigration… Donc voilà on dirait bien que j’immigre au Québec ! (enfin j’espère parce que là je commence à flipper et à me dire que c’est pas raisonnable de partir comme ça, arriver sans argent et surtout sans perspective réelle de rentrée d’argent… Ne faudrait-il pas reporter le départ pour travailler et récolter de l’argent avant ? Mais en même temps c’est pas si facile de travailler en France ET de mettre de l’argent de côté… ARGH ! ça me noue complètement l’estomac…)

Source : site du MRNF

Bref soyons pratiques après tout autant partager mon vécu, ça pourra peut-être aider un-e futur-e expat/immigré-e !

Concernant les billets d’avion vers le Québec en regardant maintenant pour un départ fin décembre ça tourne autour de 500-600 euros l’aller-retour (je mets le retour à une date au hasard le plus tard possible).

Les compagnies que j’ai repéré qui desservent le Québec sont : Air Transat, Air Canada, Air France, Lufthansa, Corsairfly.

Pour ce que j’ai vu globalement le moins cher c’est Air Transat qui en plus a des vols directs depuis la province (non négligeable vu les tarifs SNCF) et qui est la seule compagnie qui ne limite par les passagers à 1 seul bagage enregistré ! La limitation de poids de bagage enregistré est toujours 23-25 kilos mais toutes les autres compagnies limitent à un seul bagage, le deuxième bagage coûte 70$ ou 75€ pour être enregistré sans considérer d’éventuels kilos supplémentaires. Or me trimballer un sac à dos de 23 kilos c’est un peu trop pour moi, je préfère répartir dans 2 bagages et payer des frais pour les kilos supp éventuels mais pas en plus d’un enregistrement supp!

Malheureusement, allez savoir pourquoi, il n’y a pas de vol Toulouse-Montréal pour les dates qui m’intéressent (entre le 27 et le 30 décembre)… Donc ça va douiller et je vais subir le confort des avions Air Canada ( 🙂 ) et la joie des correspondances ( 😦 ).

Les aller-retour sont GRAVE moins chers que les allers simples. Le meilleur prix que j’ai trouvé pour un aller simple c’est 800€ (sinon c’était plutôt dans les 3000€) avec Royal Air Maroc, en passant par Casa.

Sinon mon dossier de demande d’admission à l’université est quasi terminé il manque juste le putain de relevé de note/diplôme du master que je viens de terminer (merci Ô administration française pour ton efficacité), je prépare mon dossier CAQ pour être prête à dégainer dès que j’ai la lettre d’admission de l’université.

Dès que j’ai fini mes prospections je vous parlerai de mes trouvailles concernant le transport de ses effets personnels de France au Québec (oui parce qu’en plus je déménage TOUTES mes affaires, i.e. une douzaine de cartons d’environ 12 kg chacun).

Et genre si y a des gens qui passent par là et qui ont un conseil à me donner sur tout ça qu’ils n’hésitent pas !

(ça c’est pour l’Halloween que je n’ai pas fêté)

Oui alors bon ça fait 3 jours que je suis rentrée du Maroc et petit à petit je sens le niveau de la mer de « trucs » que j’ai à faire monter, monter alors que le temps que j’ai pour les faire raccourci, raccourci…

C’est ça d’avoir mis les « trucs » de côté pendant 15 jours de vacances au soleil… J’ai même pensé annuler mon stage de méditation pour avoir 10 jours de plus à consacrer à tous ces « trucs » et puis je me suis dis que ce n’était que le début de plusieurs années de rush donc il valait mieux que je fasse des réserves de techniques pour « vivre l’instant présent », « prendre du recul », « ne pas se laisser submerger », « gérer ses émotions », etc. Stratégie de survie quoi.

Bref.

C’est quoi ces « trucs » ? Je me dis que c’est utile de vous en parler sur ce blog, ami-e-s lecteurs-trices parce que ces « trucs » consistent à :

1/ Mettre en place un doctorat en co-tutelle entre la France et le Québec.

2/ Organiser mon immigration au Québec (en tant qu’étudiante hein, je fais pas encore tout le tralala de la résidence permanente) c’est-à-dire obtenir l’admission à l’université au Québec, obtenir mon CAQ (certif d’acceptation au Québec), obtenir mon permis d’étude canadien (et dans l’ordre s’il vous plaît, impossible de lancer toutes les démarches en même temps pour gagner du temps).

Je me dis que ça peut intéresser d’autres gens, altruiste que je suis!

En plus ça va être l’occasion de découvrir de nouvelles manières de procrastiner, pour notre plus grande joie! (ben oui forcément ça va avec…)

Mon objectif de départ était de commencer un doctorat à la rentrée de janvier 2012 (il y a 2 rentrées possibles au Québec : septembre et janvier) dans le domaine de l’anthropologie de l’environnement donc. J’avais déjà un directeur, qui était mon responsable de stage et un sujet dans la continuité de mon master 2. Et là coup de théâtre qui vient bousculer mes projets : une prof de mon master en France me propose de me diriger en co-tutelle (après avoir lu mon mémoire et vu ma présentation orale : ça fait plaisir)! C’est quand même pas n’importe qui cette prof et puis le double diplôme c’est la classe internationale… Alors j’ai mis toutes mes démarches en suspend pour explorer cette voie. Sauf que le GROS défaut de la co-tutelle c’est que c’est très lourd et particulièrement tordu administrativement, avant et pendant… Mais je suis joueuse et à 29 ans je suis pas à quelques mois près pour commencer mon doc, je prends donc le risque de « perdre » un peu de temps et je partage avec vous cette merveilleuse et DOUBLE aventure administrative, moi qui ADORE les démarches administratives.

Et puis sinon vous aurez aussi bientôt des MAGNIFIQUES images du Maroc. Tu vas avoir du soleil lecteur-trice, des lumières magnifiques, des gens chaleureux, des paysages à la fois durs et accueillants comme on les aime… (Tiens j’envisage déjà de faire une partie de ma rédaction de thèse en pays berbère, je trouve les paysages de l’Atlas très inspirants, à défaut j’y écrierais mon premier roman).

Avec tout ça il va nous falloir la foi, heureusement Barney est là pour nous remotiver :

Vu que mon article précédent était un peu pourri niveau texte et que je pars demain (putain demain!) pour 15 jours je vais essayer de me rattraper avec celui là et l’étalage de quelques états d’âmes.

Demain je pars donc au Maroc avec ma mère. Je suis déjà allée au Maroc. Seule. En 2006. C’était mon premier voyage solo à l’étranger, c’était une mauvaise idée. Être une meuf et voyager seule au Maroc c’est le paroxysme du stress, c’est être le centre de l’attention et être harcelée à chaque minute passée dehors, et ce même en étant habillée en jupe longue ou pantalon avec un haut à manches longues et non-moulant (c’était mon cas).

Donc après ça vous vous dîtes « elle a renoncée à aller au Maroc ». Et ben non! Je me suis dit « quel dommage de rester sur une impression négative! Le pays a l’air malgré tout tellement intéressant… Il faudra que j’y retourne mais pas seule cette fois. » (masochiste?) Et nous y voilà. Cadeau d’anniversaire de maman : un voyage au Maroc! A ce moment là j’étais vraiment contente, ça posait pas de problème, c’était une bonne idée, un beau pays chaud et ensoleillé avant de partir pour plusieurs années au Québec et l’occasion d’un challenge personnel : transformer mon impression négative du Maroc en impression positive.

Et là depuis que ça se concrétise le stress monte en moi! Comme quoi la première expérience m’a quand même pas mal traumatisée. L’aspect « repos », « ressourcement » des vacances j’ai dû les oublier quelques part…

La technique que j’exploite sans m’en rendre compte pour éviter de stresser c’est la classique procrastination. C’est à dire qu’on a commencé à planifier le voyage genre hier – j’étais très occupée c’est vrai mais c’est qd même une excuse! – c’est à dire qu’il est presque midi, qu’on part demain matin et pourtant mon sac n’est pas près et la longue liste des choses à faire avant le départ ne comporte aucun élément barré car accompli…

Il y a 2 minutes, ma mère à qui je dis que ce voyage me fait stresser : « De toute façon tu stresses tout le temps et pour tout. » Merci môman…

Sur ce je vais me préparer. Quand même. Et restez à l’affût : des publications sont programmées sur le blog pendant mon absence!

PS : si dans 15 jours je ne suis pas de retour c’est que j’aurais tellement saoulé môman qu’elle m’aura perdue dans le désert.

Résumé des épisodes précédents : « Alors que j’étais diplômée en biologie-écologie avec mon cerveau formaté à l’esprit de la recherche quantitative et de la recherche de LA vérité (même si elle est ailleurs) que seule la science occidentale peut nous apporter, j’ai décidé de quitter le monde simple et confortable de la lutte contre la destruction de l’environnement (lol) pour plonger dans un monde étrange et incertain : celui des sciences humaines.

Plus précisément j’ai attaqué un master/maîtrise [ndla : je m’adapte à mes lecteurs-trices québécois-es] en anthropologie de l’environnement en septembre dernier. Après avoir suivi 6 mois de cours destructurants et destructeurs des dogmes inculqués en sciences de la nature, je concrétise cet apprentissage (minimaliste on peut le dire) en réalisant un stage en anthropologie (de l’environnement toujours, je garde quand même un lien avec mon histoire sinon ça n’aurait aucun sens).

Et là c’est le drame. »

Imaginez, vous êtes dans votre petite vie tranquille, vous la gérez pas trop mal, quand il y a un problème ou un obstacle, même si c’est difficile, vous trouvez le moyen de le dépasser, etc. Et là un jour – bam! – vous vous retrouvez perdue sur une île, dans un environnement nouveau et d’apparence sauvage, entourée de gens qui ne réfléchissent pas forcément comme vous. Vous devez apprendre à communiquer avec ces personnes. Vous devez re-calibrer votre cerveau pour qu’il arrive à résoudre les problèmes qui se posent à vous dans cet endroit étrange, sachant que vous ne pouvez même pas anticiper 1/4 des problématiques qui vont s’imposer à vous dans l’avenir! Et surtout vous devez continuer à avancer même si vous n’avez aucune idée de là où ça va vous mener…

Et ben c’est ça quand vous devez passer d’une science dure à une science … heu… souple (spéciale cace-dédi Ju!). Que vous devez passer d’une recherche quantitative à une recherche qualitative. Que vous abandonnez une démarche déductive pour une démarche inductive. Et que vous quittez un monde constitué de faits qui eux-même constituent une réalité, pour un monde où la réalité est un concept remis en question et où il n’y a pas UNE vérité mais DES vérités. Faut y aller progressivement, et bien s’entourer, sinon c’est un coup à devenir fraking cinglée.

Si vous voulez pimenter un peu les choses vous pouvez aussi traverser l’Atlantique histoire d’être dans une culture et un système universitaire différents… (moi j’aime le piment même si ça fait pleurer et se moucher)

C’était un premier article sur des questions un peu plus liés à mon stage, j’en ferai d’autres histoire de partager mes doutes de stagiaire-pseudo-chercheure en anthropologie. Camarades EDTS n’hésitez pas à poster des comm pour débattre ou partager votre expérience!

Bon je posterai cet article demain après relecture parce qu’il paraît qu’on ne fait rien de bon après 2h du matin…

JEU EN PRIME : des références à 4 séries télé se sont glissées dans cet article, saurez-vous les retrouver??